Basilique Sainte-Marie-Madeleine à Saint-Maximin

Pendant toute la période de l’Avent, jusqu’à Noël, le festival Sacrée Musique! fait étape dans des lieux uniques du patrimoine varois. Le long des côtes de la Méditerranée et au cœur de la Provence verte, redécouvrez l’exceptionnelle beauté de ces sites de culture et de foi et leur étonnante histoire.

L’architecture et l’histoire de la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume en font un lieu absolument unique. La nature environnante, majestueuse et brute, s’accorde parfaitement au style du plus vaste édifice gothique de Provence.

Ses dimensions sont gigantesques : 73 mètres de longueur, 37 mètres de largeur et 29 mètres de hauteur ! Voilà l’écrin d’un trésor encore plus grand : les reliques de « la femme au parfum » de l’Évangile.

Le crâne de sainte Marie Madeleine est conservé en parfait état dans la crypte. Malgré ses 19 petits mètres carrés, elle demeure le cœur de la basilique. Le lieu est ainsi considéré comme le troisième tombeau de la chrétienté après celui de Jésus à Jérusalem et celui de saint Pierre à Rome, excusez du peu !

Qui est Marie Madeleine ?

Beaucoup en ont entendu parler par le Da Vinci Code mais peu par l’Évangile ! Les manuscrits bibliques restent néanmoins la source historique la plus ancienne et la plus fiable.

La vie de cette femme juive vivant à Béthanie, un petit village de Judée, est complètement transformée par sa rencontre avec le Christ. Elle qui cumule les relations qui ne la comblent pas et que l’on surnomme « la pècheresse » trouve en Jésus un ami qui ne la juge pas et une voie inattendue vers le bonheur.

Témoin oculaire de sa mise en Croix (alors que la plupart des autres disciples avaient fui), de sa mort et de sa résurrection, elle est l’une des plus grandes figures de l’histoire de l’Eglise.

Deux-mille ans et toutes ses dents. On peut aujourd’hui observer le crâne de Marie Madeleine dans la crypte de la basilique, ouverte au public. Mais la présence de la relique deux fois millénaire relève du miracle. Plusieurs fois cachée au fil des siècles pour la protéger de la destruction et du pillage, elle a finalement pu être authentifiée par le pape lui-même grâce à un incroyable concours de circonstances.

Aux sources bibliques succède la tradition populaire : Marie Madeleine aurait fini par fuir la terre d’Israël à cause des persécutions romaines contre les chrétiens. Son bateau s’échoue sur les côtes de la Provence. Elle entame alors la première évangélisation de la Gaule avant de gravir les pentes de la Sainte Baume où elle s’installe dans une grotte pour vivre en ermite jusqu’à sa mort.

Un crâne qui fait tourner des têtes. Après avoir fini sa vie en ermite dans la grotte de la Sainte-Baume, Marie Madeleine est enterrée en secret. La Gaule est romaine, les chrétiens sont martyrisés et la foi interdite. L’aura de celle qui a connu Jésus est immense auprès de ces premières communautés qui suivent le Christ. Mais la vénération qu’ils ont pour elle se manifeste de manière souterraine, par peur des persécutions.

Tout change à la conversion de l’empereur Constantin en 313. On exhume les corps des saints, on les sort de terre ! Et l’on construit de magnifiques sarcophages pour y déposer leurs restes.

Cet âge de liberté dure jusqu’au conquêtes sarrasines du 8e siècle. Les razzias se multiplient dans le Sud de la France. Les gardiens du tombeau de Marie Madeleine, religieux de l’ordre des Cassianites, n’ont qu’une seule solution : enterrer son sarcophage pour le protéger de la destruction ou du pillage.

On perd alors sa trace. Les moines disparaissent. Seule la tradition orale leur survit.

Au 13e siècle, le futur roi de France Charles II d’Anjou entreprend de retrouver le corps de Marie Madeleine. Le petit neveu de saint Louis interroge les anciens et de grandes fouilles sont menées. Et un beau jour de 1279, on retrouve un sarcophage en terre. Le précieux tombeau est ouvert et selon les témoins de l’époque, une odeur merveilleuse de parfum se serait alors dégagée !

Dans ce sarcophage, on trouve un crâne auquel il manque… la mâchoire inférieure. Charles II veut faire authentifier la relique auprès du pape Boniface VIII. Il s’avère qu’à Rome, l’Eglise conserve aussi une relique de Marie Madeleine. Et c’est… une mâchoire inférieure. 

Les Français se rendent donc à Rome pour voir s’il s’agit de la même personne ! On emboîte le crâne et la mâchoire. Le tout coïncide parfaitement. Le pape rédige une bulle, un texte officiel, qui reconnaît l’authenticité de la relique.

Et Marie Madeleine de retrouver sa prime beauté !

Une basilique royale inachevée

En 1295, la construction de la basilique débute sur le lieu-même où Marie Madeleine a été retrouvée. 

Une sainte qui aime voyager. Dès la fin du 13e siècle, les régents de tout l’Occident chrétien viennent vénérer Marie Madeleine. Ils apportent aussi des fonds pour la construction de la basilique et repartent avec une relique de Marie Madeleine. Aujourd’hui, on trouve ainsi des traces de la sainte dans des cathédrales partout en Europe.

Les guerres, les épidémies et les famines empêchent l’édifice d’être terminé. En 1592, les travaux sont interrompus définitivement, ce qui fera dire au grand prédicateur Henri Lacordaire, faisant référence à l’arrivée de Marie Madeleine par bateau : « De loin, elle ressemble à un grand navire échoué dans les terres provençales ».

Mais l’ensemble demeure un véritable chef d’œuvre.

Les incontournables

  • Le crâne bimillénaire de Marie Madeleine et son reliquaire

Éternelle jeunesse. Les marques de cosmétiques promettent à grands coups de spots publicitaires une éternelle jeunesse à la peau des femmes. Se seraient-elles inspirées de Marie Madeleine ? En effet, un lambeau de peau intact a été découvert sur le crâne de la sainte lors de sa découverte en 1279. On l’a appelé le « Noli me tangere », en latin « Ne me retiens pas ». L’explication se trouve dans l’Évangile : Après sa mort, Jésus ressuscité apparaît en tout premier à Marie Madeleine. Folle de joie, elle tente de le saisir mais se voit répondre : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père, mais va vers mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. » Ainsi Marie Madeleine reçoit-elle sa mission d’annoncer à tous la Bonne nouvelle : le Christ est bien vivant ! Pour retenir Marie Madeleine, Jésus aurait touché du doigt cette partie de son crâne dont la chair est devenue incorruptible. Ce lambeau de peau est conservé toujours intact dans un tube en cristal scellé en bas du reliquaire.

  • La crypte et ses 4 sarcophages de l’ère paléochrétienne

Lumière dans les ténèbres. La crypte renferme 4 sarcophages dont celui de Marie Madeleine, fait dans un marbre… translucide. Quand on place une bougie à l’intérieur, on peut voir la lumière à travers les 4 centimètres d’épaisseur !

  • Les grandes orgues et leurs 2960 tuyaux

Un orgue très républicain. Chef d’œuvre du frère dominicain Jean Esprit Isnard, l’orgue de la basilique Sainte-Marie-Madeleine est l’un des très rares grands instruments d’Europe à avoir conservé l’intégralité de ses 2960 tuyaux d’origine. Il s’en est fallu de peu ! Pendant la Révolution française, les troupes républicaines avaient pour projet de démanteler l’orgue afin d’en faire des balles et des boulets de canon. À leur entrée dans la basilique, l’organiste de l’époque entonna une Marseillaise mémorable. Le cœur des révolutionnaires fut touché et, par patriotisme, personne ne parla plus de démembrer le puissant instrument !

  • Le cloître du Couvent Royal

Attrape-moi si tu peux. Attenant à la basilique, le cloître était l’ancien lieu de promenade quotidienne des moines. Il abrite quelques arbres centenaires mais aussi un secret bien gardé. Approchez-vous du puits et penchez-vous. Vous apercevrez la porte dérobée d’un passage secret qui permettait aux moines de s’enfuir, si nécessaire !

  • Le retable Renaissance de la Passion du Christ du « Vénitien »
  • Tout le mobilier sculpté en bois : les 94 stalles, la chaire, le buffet d’orgue, la clôture du chœur

Un cadre naturel exceptionnel

Venir à la basilique sans profiter de la nature environnante serait bien dommage !

Saint-Maximin se trouve en effet aux pieds du massif de la Sainte-Baume, parallèle à la chaîne Sainte-Victoire. Une manière de marcher dans les pas de Marie Madeleine et de gagner le cœur de la Provence verte.

Microclimat. Dans la montagne se dresse une étonnante forêt à la végétation luxuriante. Quand on voit la sécheresse des environs… Elle bénéficie en fait toute l’année d’un microclimat qui la préserve. Pour ses vieux jours, Marie Madeleine avait eu le nez creux !

À bientôt pour vivre l’expérience Sacrée Musique !