Saint-Tropez | Notre-Dame de l’Assomption

 

Pendant toute la période de l’Avent, jusqu’à Noël, le festival Sacrée Musique! fait étape dans des lieux uniques du patrimoine varois. Le long des côtes de la Méditerranée et au cœur de la Provence verte, redécouvrez l’exceptionnelle beauté de ces sites de culture et de foi et leur étonnante histoire.

Les Tropéziens distinguent bien Saint Trop’ de Saint-Tropez : bling-bling et paillettes d’un côté ; petit village au charme typiquement provençal de l’autre. Dans le port, les yachts côtoient les traditionnelles tartanes de pêcheurs. Mais la douceur de vivre met tout le monde d’accord.

Flots divins. En l’an 68 après Jésus-Christ, le chevalier Torpès, natif de Pise et intendant de Néron, se convertit au christianisme. Comme il refuse de renier sa foi, l’empereur, furieux, ordonne de le décapiter. Précipitée dans l’Arno, sa tête est recueillie par des membres de sa communauté. Son corps, lui, est placé au fond d’une barque avec pour seule funèbre compagnie un chien et un coq, signe de la déchéance de nationalité chez les romains. La tradition populaire prend la suite de cette histoire : les flots auraient porté l’embarcation jusqu’aux rivages d’Héracléa (l’ancien nom de Saint-Tropez) avant d’être découvert. Torpès est ainsi devenu le saint patron de la ville et le protecteur des marins. Une histoire pas complètement folle : on sait aujourd’hui que, de Pise, les courants marins mènent jusqu’à la presqu’île de Saint-Tropez !

Saint-Tropez, c’est aussi une part de mystère, une vie presque secrète que l’on découvre en s’enfonçant dans la vieille ville, en longeant les maisons aux façades rouges, jaunes, orangées et roses, ces teintes qui ont tant inspiré les artistes.

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption se dévoile ainsi au détour d’une ruelle, comme par surprise. Surmonté d’un campanile, son clocher aux couleurs ocre et terre de Sienne offre un contraste saisissant avec le bleu azur du ciel et de la mer, parfaitement en phase avec l’identité de la ville. Sa façade en calcaire blanc est impressionnante. 

 La folie du baroque italien

On retrouve à l’intérieur toute la folie du baroque italien, presque un décor de théâtre. Mais il n’y a ici ni masque, ni faux-semblant. La quiétude du lieu, le silence, invitent à la prière, au recueillement, à se retrouver avec soi-même.

Construite à partir du 16e siècle à l’emplacement d’une précédente église détruite par les Sarrasins au 11ème siècle, les travaux durent jusqu’en 1784. L’édifice est aujourd’hui inscrit aux monuments historiques.

Bravade. Pendant de nombreuses années, les pirates ont écumé les côtes méditerranéennes. Saint-Tropez est alors régulièrement envahie. La population décide de se doter d’une armée composée de trois corps : les marins, les mousquetaires et les gardes-saint. À partir de 1558, chaque lundi de Pâques, le conseil municipal procède à l’élection d’un capitaine de ville chargé de recruter et commander les hommes nécessaires à la protection de la cité. Ce système de défense dure jusqu’au règne de Louis XIV. Une garnison royale est installée à la citadelle. Les milices tropéziennes cessent de faire usage de leurs armes mais les conservent pour honorer leur saint patron. Encore aujourd’hui, le maire de Saint-Tropez, en compagnie du maire de Pise, remet solennellement la pique au capitaine de ville élu pour une année. Des salves de fusils sont tirées par les marins et des coups de tromblons par les mousquetaires. Les gardes-saint sortent la statue de saint Tropez de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption pour une procession à travers la ville, avec le conseil municipal. La bravade dure trois jours, entre le 16 et le 18 mai. Un spectacle en rouge et blanc, aux couleurs des corsaires, grands adversaires des pirates !

Les incontournables

  • L’orgue construit par le facteur d’orgue Pascal Quoirin 
  • Le buste de saint Tropez
  • Les confessionnaux et la chaire en bois sculpté

À corps perdu. L’histoire de Tropez est décidément mouvementée. Pendant la Révolution, des prêtres de l’ordre capucin cache le corps du saint pour éviter que l’on détruise la précieuse relique. Les clercs sont tous massacrés et la trace du corps se perd. L’espoir renaît pourtant il y a tout juste 2 ans, jusqu’à ce qu’une maison de retraite décide de faire construire… un ascenseur extérieur ! Eh oui ! Car cette maison est en effet située à l’emplacement de l’ancien couvent. On découvre des restes humains en terre. Des fouilles sont menées mais l’on s’aperçoit que tous les corps ont bien… leur tête. Ce n’est donc pas saint Tropez, mort décapité. Le mystère reste entier.

À bientôt pour vivre l’expérience Sacrée Musique !