Solliès-Pont | Église Saint-Jean-Baptiste

 

Pendant toute la période de l’Avent, jusqu’à Noël, le festival Sacrée Musique! fait étape dans des lieux uniques du patrimoine varois. Le long des côtes de la Méditerranée et au cœur de la Provence verte, redécouvrez l’exceptionnelle beauté de ces sites de culture et de foi et leur étonnante histoire.

Symbole de la culture méditerranéenne, les figuiers ont trouvé dans la vallée du Gapeau l’environnement idéal à leur développement. Solliès-Pont est ainsi devenue la capitale de la figue. Chaque année, des milliers de visiteurs viennent y fêter le fruit délicieux. Une messe est même célébrée : les officiants se drapent de violet et les cultures sont bénies.

Péché originel. Une messe pour fêter la figue ? L’histoire avait pourtant mal commencé ! En effet, le récit biblique de la création du monde – la Genèse – raconte qu’Adam et Ève mangèrent le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le fruit est symbolique du péché originel : il représente l’orgueil de l’homme qui veut vivre sans Dieu. Mais le texte ne précise pas de quel fruit il s’agit. Si dans dans la tradition chrétienne on parle d’une pomme, il s’agit dans la tradition juive… d’une figue. Enfin, pomme ou figue, aujourd’hui tout est pardonné ! Si vous avez l’occasion, demandez au curé de Solliès-Pont, il vous expliquera pourquoi…

Des hauteurs de Solliès, on observe d’un panorama les côtes de la Méditerranée. On regarde de loin le tourisme de masse. Ces terres agricoles enfoncées dans le pays ont le don de favoriser un style de vie plus simple, plus sobre. Tout à l’image de l’église Saint-Jean-Baptiste et sa façade en pierres de taille, magnifique et dépouillée.

Persévérance. L’église Saint-Jean-Baptiste s’élève sur les ruines d’une ancienne église édifiée entre 1661 et 1668. Celle-ci s’était en effet écroulée plusieurs fois ! Certainement à cause du Gapeau – un fleuve côtier – qui passe à quelques mètres à peine. En 1724, le plan de reconstruction de l’architecte Joseph Pomet est adopté. Les travaux débutent en 1726 mais sont abandonnés à peine trois ans plus tard devant les difficultés. Pierre Sénès, architecte de Toulon, ne l’entend pas de cette oreille. Il décide de reprendre la construction mais meurt… l’année suivante ! Son frère Charles le remplace. C’est lui qui achève l’église en 1734 et en fait l’une des plus grandes du Var.

La taille d’une basilique

L’imposante façade s’ouvre en trois portes sculptées qui correspondent à chacune des trois nefs. De style baroque provençal, l’édifice adopte le plan basilical. Il compte cinq travées que forment les arceaux à plein cintre tombant sur des pilastres.

Bien éclairée par de larges verrières, la nef centrale culmine à quinze mètres de hauteur et se termine par une abside à cinq pans. Elle fait aussi apparaître de larges piliers en pierre, massifs et austères, soutenant la voûte à croisée d’arêtes.

Au-dessus du maître autel en marbre de Carrare, une statue du Sacré-Coeur semble accueillir à bras ouverts tous les visiteurs.

Popularité. Toute la journée, curieux et fidèles entrent librement dans l’église pour visiter ou prier. On peut ainsi estimer le degré de popularité des saints au nombre de bougies placées devant leur statue ! Aux côtés des traditionnels Antoine de Padoue, Rita, Thérèse de Lisieux, Padre Pio ou Jean-Baptiste, on trouve aussi des saints du cru ou des figures que l’on ne trouve qu’ici : François-Joseph Pey, prêtre né à Solliès-Pont et martyr de la Terreur révolutionnaire ; une Vierge entièrement verte, patronne des motards (bénie en son temps, à Rome, par le pape Jean-Paul II !) ; ou encore Notre-Dame-de-Santé, à qui revient incontestablement la palme de l’attachement solliès-pontois. Jetée dans le Gapeau pendant la Révolution mais finalement repêchée, on lui attribue encore aujourd’hui de nombreuses guérisons miraculeuses ! Si besoin…

Les incontournables

  • Le grand-orgue de Joseph Callinet de 1846, classé monument historique
  • Les fonts baptismaux surmontés d’une demi coupole 
  • Le maître-autel en marbre de Carrare
  • Les fresques contemporaines de Fernand Belmonte

À bientôt pour vivre l’expérience Sacrée Musique !