Toulon, la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds

 

Pendant toute la période de l’Avent, jusqu’à Noël, le festival Sacrée Musique! fait étape dans des lieux uniques du patrimoine varois. Le long des côtes de la Méditerranée et au cœur de la Provence verte, redécouvrez l’exceptionnelle beauté de ces sites de culture et de foi et leur étonnante histoire.

Les dernières recherches ont montré que Notre-Dame-de-la-Seds s’est toujours trouvée en plein cœur de la ville de Toulon. Par sa position centrale elle a pris au fil des siècles une importance toujours plus grande. L’église romane du 5ème siècle est ainsi devenue cathédrale au 11ème siècle. 

Façon de parler. Dans le nom Notre-Dame-de-la-Seds, « seds » signifie « siège » en provençal. Il s’agit en fait du siège de l’évêque. Une autre manière pour parler de la « cathédrale » qui, de fait, est l’église de l’évêque, son siège. 

La cathédrale accompagne la croissance de la ville et est remaniée à partir du 17ème siècle. Un croisement des styles – façade baroque provençal, intérieur à la croisée entre le roman et le gothique – qui n’altère pas cette sobriété de toujours.

Casse-tête. Au 17ème siècle, Notre-Dame-de-la-Seds devient trop petite pour accueillir tous les fidèles. Il faut agrandir la paroisse des Toulonnais. Un vrai problème pour les architectes, car d’un côté on trouve la maison de l’évêque et de l’autre celle des chanoines. On décide donc de réaliser l’opération… par la largeur ! L’orientation est-ouest, traditionnelle dans la construction des églises, est ainsi abandonnée pour une orientation nord-sud. Et les trois nefs du précédent bâtiment servirent à réaliser les trois premières travées de la nouvelle construction.

Aujourd’hui, l’église comporte trois nefs d’inégale largeur et cinq travées sur une longueur de 50 mètres. La voûte est à croisée d’ogives. La grande nef se termine par un chevet plat et le chœur est de forme rectangulaire. Une tour carrée de 36 mètres abrite un clocher surmonté d’un remarquable campanile provençal en fer forgé. 

Le sanctuaire des Toulonnais

Depuis 15 siècles, Notre-Dame-de-la-Seds, autrement appelée Sainte-Marie-de-la-Seds ou Sainte-Marie-Majeure est le sanctuaire des Toulonnais. Cette tradition se retrouve dans chacune des chapelles latérales : dans celle-ci, on trouve les tombes des derniers évêques ; dans cette autre, les reliques des saints fondateurs de l’Église locale ayant donné, pour certains, leur nom aux communes alentours : Cyprien, Mandrier, Flavien, Honorat.

Pieux animaux. À la Révolution française, on ne peut pas dire que les traditions chrétiennes soient vraiment en odeur de sainteté. On transforme ainsi la cathédrale en hangar pour… animaux. Sûrement pas l’idée du siècle. Les chroniqueurs de l’époque racontent que, « plus pieux que les hommes, les chevaux refusent d’y entrer » !

La Vierge de l’avocate des Toulonnais, très vénérée est aussi en bonne place dans la cathédrale. On y trouve toujours quelqu’un en prière. 

Les incontournables

  • Chapelle de la Vierge

Elle abrite le retable et la statue de la Vierge en bois doré de Vian de Pignans (1838) et des tableaux de Pierre Puget (L’Annonciation, 1650), de Damery-Walter (La Vierge au Carmel, 1664) et de Jacques Volaire (L’adoration du Saint Sacrement, 1745).

  • Chapelle du Corpus Domini

Initialement de Puget, le retable en bois, détruit en 1681 par un incendie, est remplacé par un ensemble en marbre et en stuc de la main d’un de ses élèves, Christophe Veyrier. Deux grand tableaux, Le Triomphe de l’Eucharistie de Jean-Baptiste van Loo et Le Sacrifice de Melchisédech de Jean-Baptiste Achard sont surmontés d’une sculpture en bas-relief, provenant du maître-autel de 1746 lors de la réalisation de celui de 18633.

  • Chapelle Saint-Joseph

Ancienne abside, elle comporte le tableau Saint Roch priant pour les pestiférés de Pierre Puget.

  • Chapelle du Saint-Cœur-de-Marie

Appelée aussi chapelle Sainte-Anne, elle comporte également une toile de Pierre Puget: La Vision de Saint Félix de Cantalice, originellement pour l’église des Capucins, donnée à la cathédrale après la Révolution.

  • Sanctuaire

Il comporte un autel plat qui remplace depuis 1961 celui de 1864 dont il reste un bas-relief et un chœur entouré de stalles de Bernard Sénéquier. La chaire est également de Sénéquier (1829).

À bientôt pour vivre l’expérience Sacrée Musique !