Sélectionner une page

Hyères | Église Saint-Louis

 

Pendant toute la période de l’Avent, jusqu’à Noël, le festival Sacrée Musique ! fait étape dans des lieux uniques du patrimoine varois. Le long des côtes de la Méditerranée et au cœur de la Provence verte, redécouvrez l’exceptionnelle beauté de ces sites de culture et de foi et leur étonnante histoire.

Après 6 ans de croisade, la septième du nom mais la première pour lui, le roi Louis IX rentre en son Royaume de France. Il accoste le 12 juillet 1254 sur la plage de l’Ayguade, sur les terres provençales de sa belle-famille, et retrouve sa femme Marguerite.

Le souverain se rend régulièrement dans ce tout nouveau couvent franciscain, à Hyères, tout proche du château où il loge. Les frères mineurs s’y sont installés en 1230, quatre après la mort de leur fondateur François d’Assise.

Juste roi. Selon Joinville, Louis IX manifesta son attachement à la spiritualité franciscaine par la rencontre qu’il fit avec le célèbre prédicateur Hugues de Digne au couvent d’Hyères, pendant son séjour provençal. Le biographe du roi relate pourtant que le frère mineur n’y alla pas de main morte pour tancer la cour du roi, leur reprochant vertement leur attachement à la mondanité ! Le saint roi, lui, est resté dans l’histoire comme un modèle de droiture. Ainsi écrit-il dans son testament : « Cher fils, s’il advient que tu deviennes roi, prends soin d’avoir les qualités qui appartiennent aux rois, c’est-à-dire que tu sois si juste que, quoi qu’il arrive, tu ne t’écartes de la justice. Et s’il advient qu’il y ait querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu’à ce que tu saches la vérité, et quand tu la connaîtras, fais justice. » Dans la droite ligne de l’idéal de pauvreté de l’ordre franciscain.

Roman tardif, gothique primitif

En Provence, le 13e siècle marque la fin du roman et l’émergence du gothique. Ainsi l’architecture de l’église Saint-Louis d’Hyères associe-t-elle avec ingéniosité… les deux styles.

Rose elle a vécu. Avec le gothique, fini la sobriété. Au 14e siècle, la rosace est jugée trop petite. On découpe carrément un carré de la façade pour y intégrer une rosace plus grande. Aujourd’hui, on remarque bien les traces de cette “petite” opération esthétique.

Orientée vers le soleil levant du solstice d’été, l’église est construite selon un plan basilical. Elle compte une nef voûtée d’ogives, deux collatéraux couverts de berceaux brisés, trois absides à fond plat voûtés d’ogives et sept chapelles latérales.

Soleil levant. Il est connu que les musulmans prient en direction de La Mecque. Ce que l’on sait moins, c’est que la tradition catholique est proche : à l’instar de Saint-Louis d’Hyères, les églises sont construites de manière à ce que leur chœur soit orienté vers l’est, point cardinal où se lève le soleil. Symboliquement, l’est représente la lumière qui triomphe des ténèbres et donc la résurrection du Christ, la victoire de la vie sur la mort. Quand une personne s’avance vers l’église, il va donc en direction du Christ.

Pendant cinq siècles, les Franciscains rayonnent sur toute la région avant d’être délogés au moment de la Révolution. L’église Saint-Louis devient le lieu de la réunion préparatoire aux États généraux. Elle sert aussi de cantonnement à des troupes, de cave, de grenier, d’entrepôt et même d’étable !

L’édifice ne retrouve sa prime vocation qu’en 1842 comme église paroissiale de la ville.

Enfoncé dans le sol

Aujourd’hui, le couvent n’est plus et seule l’église demeure le témoin historique de la présence des disciples de François d’Assise à Hyères. À la fois simple, sobre et vaste, elle s’accorde parfaitement à la spiritualité et à la pratique de pauvreté des frères mineurs. Cela se manifeste par l’expérience même que le visiteur fait dans le lieu.

En effet, quand on entre dans une église, on monte en général quelques marches. Ici, c’est tout le contraire : il faut descendre. Les bâtisseurs ont dû creuser dans la colline pour poser les fondations de l’édifice, qui s’est retrouvé… enfoncé plus bas que le sol !

L’effet est stupéfiant : l’église paraît de l’intérieur beaucoup plus haute que la façade (tout de même une quinzaine de mètres) ne le promet. S’abaisser pour s’élever vers le Très-Haut… Les Franciscains avaient le goût de la symbolique. 

De nos jours

Une autre communauté a investi les lieux depuis les années 2000 : les Oratoriens, un ordre fondé au 16e siècle par Philippe Néri. Son caractère enjoué lui valut le surnom de “saint de la joie”.

Saint pitre. Philippe Néri possédait ce caractère typiquement florentin qu’on appelle la « festività », un sens de la joie et de la fête qui entraîne tout le monde. À rire, certes, mais pour Philippe il s’agit aussi d’encourager les autres à prier, visiter les malades, assister les pauvres. Sa renommée est telle qu’on le canonise presque de son vivant. Lui fait le pitre pour qu’on ne le prenne pas pour un saint : il porte parfois ses habits à l’envers ou ne se rase que d’un côté du visage ! Son humour fait des ravages jusque dans les confessionnaux. À une dame, il prescrit comme pénitence d’aller plumer un poulet dans les rues de la ville, par grand vent, puis de revenir le voir. « Maintenant, vous allez ramasser les plumes. – Mais c’est impossible ! rétorque la pénitente. – Vous avez raison. Mais c’est plus facile que de rattraper vos médisances ! » Philippe est aussi un mystique. Il entre régulièrement en extase. À tel point que le frère servant la messe sort avant la communion, laisse un écriteau sur la porte de la chapelle : « Le Père célèbre la messe », va faire les courses, revient deux heures plus tard et tire sur la chasuble du saint prêtre pour le sortir de sa contemplation. À la mort de cet amoureux de Dieu, l’autopsie constate que son cœur s’est considérablement dilaté jusqu’à courber les côtes. Inexplicable, médicalement parlant.

Les incontournables

  • Un Christ crucifié du 17e siècle
  • Les vitraux de 1847 de l’atelier Maréchal de Metz
  • Les orgues de 1878 réalisé par le facteur d’orgues François Mader
  • Une Vierge en marbre issue d’un atelier florentin de 1846
  • Les ornements liturgiques du 19e siècle

À bientôt pour vivre l’expérience Sacrée Musique ! 

Contact

contact[a]sacreemusique.fr
+33 (0)7 83 16 92 10

espace presse

Bientôt ouvert... 🙂

Vidéos, actus... Suivez-nous !

Share This